Le manchot s’en sort mieux que le lion

20 décembre 2016
Les changements climatiques, la perte d’habitat ou le commerce illégal des espèces menacent de nombreux animaux. Malgré tout, 2016 a aussi eu sa part de lueurs d’espoir. Dans son bilan, le WWF présente les gagnants et les perdants de l’année écoulée. Si le lion africain ou la sphaigne font partie des malchanceux, le manchot Adélie ou la drosophile japonaise grimpent sur le podium.

La situation est dramatique: jamais la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) n’avait été aussi fournie. Plus de 24’300 animaux et végétaux sont considérés comme menacés en cette fin d’année. Généralement, la disparition d’une espèce n’a pas qu’une seule cause, mais l’homme en est presque toujours à l’origine. C’est donc à nous de mettre un terme à la disparition des écosystèmes et du braconnage, et de freiner les changements climatiques. Pour que la disparition des espèces ne s’oublie pas, le WWF a choisi les gagnants et les perdants de l’année 2016.
 
 
Gagnants
 
Tigre
Le commerce illégal des produits issus du tigre est florissant, que ce soit avec des animaux sauvages ou d’élevage. Le refus de la conférence sur la protection des espèces d’exclure les fermes de tigres, comme le demandait la Chine, est donc un succès. Le Laos a par ailleurs annoncé vouloir fermer ces fermes sur son territoire. Ce sont là deux étapes essentielles pour la préservation du plus grand des félins, le nombre de fourrures et d’os de tigres provenant de telles fermes ayant augmenté lors des saisies.
 
Perroquet jaco
Les perroquets jaco sont des animaux de compagnie appréciés et font partie des espèces les plus fréquemment élevées en captivité. En raison de cette forte demande, ils sont capturés dans la nature et vendus comme animaux d’élevage. Les populations sauvages ont donc fortement diminué ces dernières années. Lors de la conférence sur la protection des espèces, la majorité des Etats a décidé d’inscrire les perroquets jaco dans la catégorie la plus élevée des animaux à protéger. Cette mesure améliore les contrôles et rend plus difficiles les fraudes dans la déclaration d’origine des oiseaux d’élevage.
 
Rascasse
En raison de la hausse de la température de l’eau dans la Méditerranée, les rascasses exotiques et venimeuses s’y sentent de plus en plus chez elles. Elles profitent des changements climatiques et se multiplient davantage, surtout au sud de Chypre. D’une longueur de 35 centimètres, ces poissons voraces – que l’on trouve normalement dans la Mer rouge et dans l’Océan indien – ont rejoint la Méditerranée par le canal de Suez. Se nourrissant de crustacés, les rascasses bouleversent l’équilibre écologique.

Manchot Adélie et manchot empereur
Un tiers des manchots Adélie et un quart des manchots empereur vivent dans la mer de Ross antarctique et l’océan Austral. Il s’agit de l’une des dernières mers intactes de la planète, qui devrait à l’avenir jouer un rôle de refuge important pour les espèces appréciant le froid. Les Etats membres de la commission internationale pour la conservation des ressources marines vivantes ont récemment décidé de faire de la mer de Ross la plus grande zone marine protégée au monde, soit 1,5 million de kilomètres carrés.
 
Drosophile japonaise
La drosophile japonaise est un insecte nuisible importé d’Asie, qui gagne du terrain sous nos latitudes. En Suisse, sa présence est avérée depuis 2011. La petite mouche se répand rapidement. Elle s’attaque aux fruits intacts, comme les cerises et le raisin, provoquant des dégâts avant même la récolte. Son cycle de reproduction étant très court, elle est très difficile à combattre.
 
 
Perdants
 
Lion africain
Le maître de la savane est dans une situation dramatique: sur tout le continent africain, il ne resterait plus que 23’000 à 39’000 lions actuellement. Ces 50 dernières années en effet, son habitat a reculé de près de 75% environ. Lorsque ce grand félin s’attaque à un bœuf, les conséquences financières pour les agriculteurs sont immenses. En conséquence, les animaux sont souvent empoisonnés ou abattus. Les braconniers les chassent également pour en vendre les sous-produits en Asie, ceux-ci étant de grande valeur sur tout le territoire où se pratique la médecine traditionnelle.
 
Girafe
D’après l’UICN, le nombre de girafes est passé de 155’000 en 1985 à 97’000 en 2015. Leur habitat est de plus en plus morcelé ou transformé en plantations, de sorte que leur avenir apparaît tout sauf rose. Les braconniers les chassent également de plus en plus souvent, pour leur viande ou pour leur fourrure.
 
Eléphant de savane d’Afrique
Les populations d’éléphants de savane d’Afrique ont diminué de près d’un million à quelque 350’000 animaux entre 2007 et 2014. Cela correspond à environ un tiers. Ces chiffres sont le résultat d’un grand recensement (Great Elephant Census, GEC), réalisé dans 18 pays africains. Actuellement, leur nombre diminue de 8% chaque année, au point que dans un avenir proche, l’éléphant de savane pourrait avoir disparu de nombreuses régions. Le principal danger qui le guette est le braconnage, organisé par des bandes agissant à l’échelle internationale.
 
Sphaigne
Les sphaignes (ou Sphagnum) sont des mousses fabuleuses: stockant l’eau de pluie, elles forment des écosystèmes complets, retenant d’immenses quantités de CO2. Mais les marais sont menacés dans le monde entier. Pillés pour obtenir de la terre de jardinage ou du combustible, ils sont asséchés et privés de leur eau vitale. En raison de l’élevage intensif du bétail, nourri avec du fourrage importé, tous les hauts-marais de Suisse sont endommagés par une accumulation excessive de composés azotés. Quand les sphaignes meurent, elles libèrent le CO2 stocké dans l’atmosphère, ce qui accentue les changements climatiques.
 
Requin-baleine
Les changements dans la température et la composition chimique de l’eau des océans menacent le plus gros poisson de la planète. Les requins-baleines sont par ailleurs toujours chassés ou se font prendre par inadvertance dans les filets des flottes de pêche internationales. L’espèce est considérée comme en danger critique depuis cette année.
 
Contact:
Pierrette Rey, porte-parole du WWF Suisse, tél. 021 966 73 75.
 
Tigre d’Indochine
Tigre d’Indochine
© CK Wong/WWF Greater Mekong

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