04. juin 2018 — Communiqué de presse

Les associations de défense de l’environnement et de protection des animaux disent non à une «loi d’abattage»

Pour BirdLife Suisse, Pro Natura, le WWF Suisse et la Protection suisse des animaux PSA, la Loi sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages révisée telle qu’elle sera débattue demain au Conseil des Etats est devenue une pure loi d’abattage. Si la loi n’est pas nettement améliorée, les organisations auront recours au référendum pour s’y opposer.

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La loi actuelle sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP) porte encore bien son nom: c’est un compromis équilibré entre chasse, protection et régulation au cas par cas des espèces protégées. En revanche, le projet de révision présenté par le Conseil fédéral et la Commission de l’environnement du Conseil des Etats remet fondamentalement en question la protection des espèces en Suisse et constitue une attaque supplémentaire à l’encontre de la biodiversité dans notre pays, déjà victime d’une réduction dramatique.

La nouvelle loi devient une «loi d’abattage»
A l’avenir, il doit devenir plus facile d’abattre non seulement des loups, mais aussi toutes les espèces protégées (comme le castor, le lynx, le héron cendré, le cygne tuberculé, le harle bièvre), sans que les animaux n’aient jamais provoqué de dégâts. Ainsi, ce ne seront pas seulement des animaux isolés ayant occasionné des problèmes concrets qui pourront être abattus, mais des populations entières. En outre, il ne sera même plus nécessaire de faire la preuve de mesures de prévention avant de pouvoir éliminer les bêtes qui dérangent.

Un équilibre détruit
«La révision franchit plusieurs lignes rouges», a martelé Gabor von Bethlenfalvy, expert en grands prédateurs auprès du WWF Suisse, lors de la conférence de presse qui s’est tenue aujourd’hui. «En particulier, la Confédération veut céder sa responsabilité en matière de protection des espèces aux cantons, renonçant ainsi à assumer son mandat constitutionnel de protection et ses engagements internationaux.» François Turrian, directeur adjoint de BirdLife Suisse, a rappelé que le renforcement drastique de la loi n’était contrebalancé par aucune amélioration en matière de protection des espèces: «En fait notamment partie l’interdiction, depuis longtemps nécessaire, de chasser le tétras lyre, le lagopède alpin et la bécasse des bois.» Heinz Lienhard, président de la Protection suisse des animaux PSA, a pour sa part critiqué le fait que des aspects pertinents en matière de protection des animaux ne soient pas pris en compte dans la nouvelle loi sur la chasse, de même que l’interdiction demandée depuis longtemps de la chasse au terrier.

Remaniement ou référendum
Pour Urs Leugger, secrétaire central de Pro Natura, le projet de révision est un démantèlement inacceptable de la protection des espèces et une attaque frontale contre la protection de la nature. Les organisations de défense de l’environnement et la Protection suisse des animaux PSA demandent au Conseil des Etats le renvoi du projet au Conseil fédéral afin qu’il soit remanié de fond en comble, ou alors la suppression du nouvel «article d’abattage» 7a sur la régulation des espèces protégées. «Si le projet est approuvé par le Parlement sous la forme proposée, un référendum est inévitable», a ajouté Urs Leugger.

Renseignements 

Ues Leugger-Eggimann, secrétaire central de Pro Natura, tél. 079 509 35 49, urs.leugger@pronatura.ch

Pierrette Rey, porte-parole du WWF Suisse, tél. 021 966 73 75, pierrette.rey@wwf.ch    

François Turrian, directeur adjoint BirdLife Suisse, tél. 079 318 77 75, francois.turrian@birdlife.ch    

Heinz Lienhard, président de la Protection suisse des animaux PSA, tél. 071 688 43 24, heinz.lienhard@tierschutz.com