25 février 2026 — Communiqué de presse

La Suisse rompt son engagement en faveur du climat

La Suisse doit honorer ses engagements en matière climatique et cesser immédiatement de soutenir des projets de centrales à gaz par l’intermédiaire d’assurances contre les risques à l’exportation. Dans une lettre ouverte adressée aux autorités suisses, 23 organisations non gouvernementales nationales demandent des mesures concrètes.

En 2021, dans le cadre du Clean Energy Transition Partnership, la Suisse s’est engagée avec 34 autres pays à ne plus soutenir de nouveaux projets internationaux liés aux combustibles fossiles à partir de 2023. Alors que la majorité des signataires respecte cet engagement, la Suisse maintient ses pratiques en la matière. L’Assurance suisse contre les risques à l’exportation SERV a donné depuis 2023 son approbation provisoire ou définitive à dix projets de centrales à gaz, dont certains sont situés dans des pays extrêmement répressifs comme l’Arabie Saoudite et le Turkménistan. Selon les estimations, ces centrales émettront près de 20 millions de tonnes d’équivalent CO2 par année, soit la moitié de toutes les émissions nationales de la Suisse.

«En soutenant l’établissement des centrales à gaz à l’étranger, la SERV aggrave la crise climatique et rompt la promesse faite par la Suisse dans le cadre du Clean Energy Transition Partnership», commente Patrick Hofstetter, expert en matière de protection du climat et d’énergie auprès du WWF Suisse.

La lettre a été signée entre autres, par Action de carême, Alliance Climatique Suisse, Alliance Sud, Aînées pour le climat Suisse, Amnesty International Suisse, EPER, Fondation Énergie, Greenpeace Suisse, Pro Natura, Public Eye, Swiss Youth for Climate et Swissaid. Les ONG demandent au Conseil fédéral, au SECO et à la SERV de prendre les quatre mesures suivantes:

  • mettre immédiatement un terme aux projets de combustibles fossiles et, en lieu et place, développer la promotion des projets d’énergie renouvelable;
  • conformément à la loi sur le climat et l’innovation, atteindre la neutralité carbone d’ici 2040 pour toutes les émissions de la SERV, y compris ses projets financés à l’étranger;
  • donner au public accès à toutes les informations pertinentes de la SERV, conformément à la loi sur la transparence;
  • compléter le conseil d’administration de la SERV de deux membres issus de la politique extérieure, environnementale et climatique.

«L’assurance de projets de centrales à gaz à l’échelle internationale nuit à la crédibilité de la politique extérieure, environnementale et climatique de la Suisse et ralentit la transition nécessaire de l’économie nationale vers l’ère des énergies renouvelables», commente Oliver Daepp, directeur de l’Association suisse pour la protection du climat.


Dans une deuxième lettre adressée au Conseil fédéral, 17 ONG internationales, parmi lesquelles Climate Action Network Europe, Oil Change International et Friends of the Earth US, soutiennent les revendications des organisations suisses. «Comme tous les États, la Suisse devrait se soucier de sa réputation internationale», écrivent les ONG dans leur lettre. «La Suisse est le siège de nombreuses organisations internationales et devrait donc être consciente de la valeur de la coopération internationale, tout particulièrement dans le contexte des changements climatiques.» Les ONG suisses ont remis les deux lettres mercredi au conseil d’administration de la SERV réuni en séance à Zurich. Campax et le collectif BreakFree Suisse ont organisé à cette occasion une action de protestation lors de laquelle des douzaines de personnes arboraient des montres qui n’étaient pas à l’heure, rappelant ainsi que la politique climatique de la Suisse accuse un certain retard.

«La Suisse ne doit plus faire partie du petit groupe de pays qui sabotent la politique climatique internationale», a souligné Camille Delgrange, responsable de campagne auprès du Collectif BreakFree Suisse.
 

«Outre le climat, les énergies fossiles ont aussi un impact sur les droits humains. La SERV ne peut pas fermer les yeux devant ses responsabilités.» renchérit Danièle Gosteli Hauser, responsable Économie et droits humains chez Amnesty International.

Informations complémentaires:

Les deux lettres des ONG avec les listes complètes des organisations signataires
sont disponibles sur

Personnes à contacter en cas de questions:

Camille Delgrange, Collectif BreakFree Suisse : 076 839 88 68

Danièle Gosteli Hauser, Amnesty International, Section suisse : 079 769 56 53