Lynx comme un chat ronronnant
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19. septembre 2019

Une dangereuse remise en question

C’est un vrai désastre: la révision de la loi sur la chasse est totalement inappropriée et met en péril la protection des espèces dans son ensemble. Les animaux comme le lynx, le castor, le héron cendré et le loup, que l’on a toujours trouvé en Suisse, pourraient bel et bien disparaître. A l'avenir ils pourraient être systématiquement abattus avant même d’avoir causé le moindre dommage, et du simple fait de leur présence.

Risquer le tout

«Cette révision entraîne non pas une amélioration, mais une dégradation de la protection des animaux sauvages. Au regard de la crise globale de la biodiversité, il s’agit d’une aberration.»

Gabor de Bethlenfalvy

La révision de la loi ne donne plus la priorité à un compromis équitable entre protection, régulation et chasse, mais propose avant tout un changement unilatéral qui s'opère au détriment des espèces en danger. Les espèces protégées comme le lynx, le castor et le cygne tuberculé peuvent à tout moment être placés dans la liste des espèces à réguler, au même titre que le loup - et être abattus de ce fait. De plus, ces animaux peuvent être tués simplement à titre préventif, c'est-à-dire sans même qu'un dommage ne leur soit imputable. Avec cette nouvelle loi, il n'est plus obligatoire de prendre toutes les mesures de précaution possibles (comme la protection des troupeaux dans les zones habitées par les loups), avant d'avoir le droit d'abattre un animal.

Toutes les espèces protégées sont susceptibles de compromettre les intérêts humains et constituent donc des cibles potentielles, qu'il s'agisse d'un héron en train de manger des poissons ou d'un castor creusant des digues, ou encore d’une mauvaise année pour les recettes de la chasse dans un canton donné, puisque évidemment, les lynx ne paient pas de permis de chasse. Gérer de tels conflits d'intérêts opposant la conservation des espèces aux intérêts économiques est une entreprise bien délicate. Cependant, cette nouvelle loi n'est en aucun cas équitable. Elle sert un intérêt unilatéral: lors du remaniement de la loi, l'impact positif des espèces protégées sur l'écosystème a totalement été occulté. Le loup et le lynx améliorent par exemple la santé des effectifs de faune sauvage et on constate en outre un recul des dommages par abroutissement dans les pépinières. De plus, ces espèces offrent de nouvelles perspectives pour le tourisme. 

En bref, cette nouvelle loi pose une question de société fondamentale: quel est l'espace que nous sommes prêts à accorder à la nature?

De la Confédération aux cantons

La nouvelle proposition de loi accorde aux cantons, et non plus à la Confédération, l'autorisation de décimer des populations entières d'espèces protégées. Les cantons peuvent cependant déjà décider de l'abattage de certains animaux. Pour l'extermination de populations entières, l'accord de la Confédération est nécessaire. C'est le seul moyen d'assurer une coordination entre les cantons et, a fortiori, entre les régions. En l'absence de consultation de cette instance supérieure, une protection durable des espèces rares n'est plus possible. Les animaux sauvages ne connaissent pas de frontières politiques.

Les tirs ne sont pas la solution

Les spécialistes sont convaincus, comme l’a justement démontré l’exemple du loup, que l'élimination de populations n'est pas une méthode efficace de résolution des conflits. La surveillance des troupeaux offre une solution durable pour réduire les attaques sur les moutons d'élevage, tandis que l'abattage n’apporte que de faibles résultats.
«Dans différents pays du monde, l'expérience montre clairement que l'abattage peut même conduire à une augmentation des attaques. Notre agriculture alpestre n'est pas envisageable sans une surveillance des troupeaux», affirme avec conviction Gabor von Bethlenfalvy.

Vérifier le référendum

Les organisations environnementales WWF Suisse, BirdLife, Pro Natura et le Groupe Loup Suisse rejettent cette révision de loi extrême sur la chasse ayant perdu tout sens de la mesure. Ce qui était censé être un léger remaniement a évolué vers quelque chose d'absolument partial au détriment de la protection des espèces. La nature, les mammifères protégés et les oiseaux, ainsi que la préservation des animaux subissent une pression encore plus forte. Si la loi devait être adoptée dans sa forme actuelle par le Parlement, les organisations lanceraient un référendum pour s'opposer à cette décision absolument inappropriée.

Visionnez la vidéo et ce que disent nos spécialistes au sujet de la révision de la loi

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