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Plakate an einer Klimademonstration in Madrid
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10 mars 2022

Politique climatique: actualités en bref

Nous thématisons régulièrement les défis actuels de la politique énergétique et climatique et nos propositions pour l'avenir énergétique et la décarbonisation. De manière compacte et compréhensible, nous présentons nos principales revendications à l'égard de la politique nationale.

Passer la vitesse supérieure pour un approvisionnement énergétique sûr et une meilleure protection du climaten en 2035 déjà

Janvier 2023: L’invasion de l’Ukraine par la Russie et la décision prise par l’Europe de ne plus dépendre du pétrole et du gaz russes nous a tous placés face à une nouvelle réalité. Avec nos partenaires de l’Alliance-Environnement, nous avons également revu nos scénarios.

Il apparait clairement que nous ne pourrons assurer notre approvisionnement énergétique en accord avec la protection du climat et des espèces que si nous agissons plus rapidement que prévu à l’origine. Jusqu’à maintenant en effet, la Suisse s’est fixé pour objectif d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. La nouvelle réalité nous montre qu’il est temps de passer à la vitesse supérieure. Pour cela, nous devons abandonner sans tarder les énergies d’origine fossile. Cette transition est indispensable pour protéger le climat. Mais elle nous permettra aussi d’être plus rapidement indépendants des importations et de réduire le risque nucléaire. Pour y parvenir, la production d’énergie de sources renouvelables doit être massivement développée d’ici 2035, sans pour autant lui sacrifier nos espaces les plus précieux dédiés à la biodiversité. Cette revendication confirme la position que nous avions déjà anticipée et défendue avec insistance après la catastrophe de Fukushima.

Des spécialistes de l’énergie et du climat de l’Alliance-Environnement montrent comment nous pouvons réussir le virage énergétique d’ici 2035 dans un concept global. Il tient compte de la transformation du système énergétique complet et propose des solutions spécifiques pour produire de l’énergie de manière plus respectueuse du climat. Nous présentons, dans huit fiches d’information, nos idées pour un tournant énergétique rapide qui ménage le climat et protège la biodiversité.

Des sources d’énergie pour l’avenir: trois piliers

Les défis à relever sont complexes. Des technologies variées et des solutions sur mesure seront nécessaires pour y parvenir. Il est important de composer un éventail de solutions qui respecte la nature et le climat et qui soit aussi capable de compléter le système et de le rendre résistant. Nous recommandons de conserver la force hydraulique, ce pilier existant déjà, mais de la rendre éco compatible. Il est aussi essentiel de développer la production photovoltaïque pour en faire un pilier tout aussi important. Le pilier de l’efficacité joue également un rôle incontournable. Souvent sous-estimé, il recèle pourtant un immense potentiel.

Conserver la force hydraulique

Le potentiel de la force hydraulique pouvant être exploité dans le respect de l’environnement et de la nature est déjà exploité à plus de 95%. En effet, plus de 1300 centrales électriques ont produit 36,8 TWh d’électricité en 2020. Près de 60% de l’électricité générée en Suisse est issue de la force hydraulique. Si les installations existantes sont rénovées, agrandies ou améliorées, il devrait être possible de produire jusqu’à 2 TWh d’énergie de stockage hivernal en plus. A l’avenir, les augmentations de production réalisables et l’inscription urgente, dans la loi, d’exigences minimales en matière d’environnement concernant les débits résiduels s’équilibreront plus ou moins jusqu’en 2050. La force hydraulique reste un appui central du système énergétique, car elle est flexible et régulable et qu’elle garantit la stabilité du réseau. Elle doit cependant mieux tenir compte des besoins de l’environnement.

Gagner en efficacité

En Suisse, nous n’utilisons pas l’énergie que nous produisons de manière efficace ou économe. Une étude récente de l’Energy Journal montre que la Suisse est l’avant-dernière du classement établi entre 29 pays sur ce thème. Une quantité importante d’énergie est gaspillée, car les bâtiments ne sont pas suffisamment isolés, car les solutions de remplacement aux chauffages et véhicules alimentés avec des sources d’énergie fossiles ne sont pas utilisées, car les entreprises industrielles et artisanales n’exploitent ou ne connaissent pas leur potentiel en matière d’économies d’énergie ou, car les appareils électriques restent allumés ou en mode veille au lieu d’être éteints. Le fait est que rien qu’en matière de consommation d’électricité au quotidien, l’industrie et les foyers pourraient économiser environ un tiers de la consommation actuelle sans devoir renoncer à la qualité. Concernant la consommation d’électricité totale, le potentiel est encore supérieur. En réalisant des optimisations en matière de besoins en énergie, nous atteindrons plus rapidement nos objectifs climatiques et nous réduirons également l’urgence du développement des énergies de source renouvelable. En prime, la biodiversité en profitera.

Utiliser davantage la force du soleil

L’énergie solaire devient, à côté de la force hydraulique, une source d’énergie importante. Jusqu’en 2035, elle nous permettra de produire dix fois plus d’électricité de source solaire qu’aujourd’hui, à savoir 30 TWh. Le potentiel de la production photovoltaïque (PV) en Suisse n’est donc pas encore pleinement exploité. L’Office fédéral de l’énergie (OFEN) et la haute école zurichoise des sciences appliquées ZHAW (ZHAW) ont calculé un potentiel de développement maximal d’environ 82 TWh, qui pourrait être produit annuellement sur les bâtiments et les infrastructures existantes. C’est, de loin, le potentiel de développement le plus important et le plus écologique en matière d’énergies renouvelables. Les installations posées sur des façades et celles installées sur les infrastructures à des emplacements ensoleillés en altitude permettent également d’accroître la part de production d’électricité en hiver. Pour nous, il est important que lors de la planification d’installations destinées à être posées sur des surfaces non construites, que ce soit sur le Plateau ou dans l’espace alpin, la nature ne soit pas négligée, même si le développement de la production est urgent. Sacrifier les zones de biodiversité dignes de protection et les perles naturelles suisses en faveur de décisions prises à la hâte n’est pas une bonne idée. La crise du climat et celle de la biodiversité sont étroitement liées l’une à l’autre et ne peuvent être résolues qu’ensemble.

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Fussbalstadion mit Solaranlagen auf dem Dach
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Solar auf dem Dach

Est-il suffisant de miser sur des actes volontaires?

Nous constatons qu’un nombre toujours croissant de personnes réfléchissent à la situation et sont prêtes à agir dans l’intérêt du climat. Les mesures volontaires prises par chacune et chacun d’entre nous peuvent contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre de la Suisse jusqu’à 20%. Ces mesures volontaires sont importantes et méritent d’être saluées. Elles ne suffiront toutefois pas à elles seules à atteindre la réduction nécessaire des émissions de CO2 de l’ordre de 100%. Pour que cela soit possible, il faut également une volonté politique.

«Nous devons donc donner un mandat clair à la politique. Selon nous, il est important que nous déclarions clairement, d’une seule voix, que la Suisse s’engage pour défendre le climat et la biodiversité. Nous voulons que la législation relative à l’approvisionnement en énergie et à l’électricité soit révisée pour permettre un virage énergétique rapide sans pour autant perdre la biodiversité des yeux. Et nous signifions clairement qu’en cas de référendum sur l’initiative pour les glaciers, il ne peut y avoir qu’une bonne réponse. Notre position est claire. Et la vôtre?»

L’approvisionnement sera-t-il toujours garanti?

L’idée d’un bouquet électrique suisse comprenant une part substantielle d’électricité photovoltaïque inquiète de nombreux observateurs, qui craignent que la production solaire dépendante des conditions météorologiques menace le niveau, jusqu’ici élevé, de la sécurité de l’approvisionnement. Cette inquiétude n’est pas non plus justifiée. Particulièrement en hiver, la Suisse dispose, avec les centrales hydrauliques à accumulation, de nombreuses capacités d’égaliser, de manière flexible, la production éolienne et solaire.

Comment les associations de défense de l’environnement considèrent-elles la procédure accélérée?

Le concept pour garantir l’approvisionnement énergétique en 2035 a été développé par les organisations de l’Alliance-Environnement. Les associations Pro Natura, Greenpeace, WWF, BirdLife, SES et ATE s’engagent de manière constructive au sein de ce groupement en faveur de l’environnement, du climat et de la protection des espèces. Elles sont favorables à un gain d’efficacité en matière de procédures d’autorisation des installations de production d’énergie renouvelable. Cette amélioration permettra d’accélérer le développement nécessaire au tournant énergétique. Pour y parvenir, il est indispensable de clarifier suffisamment tôt si les emplacements potentiels pour les installations éoliennes, hydrauliques et photovoltaïques sont conciliables avec la protection de la biodiversité et du paysage. Le développement des énergies renouvelables doit en premier lieu être soutenu là où il peut être réalisé rapidement, efficacement et avec des potentiels de production élevés avec, en parallèle, des conséquences écologiques aussi faibles que possible. Les organisations de défense de l’environnement se considèrent comme des partenaires sur cette voie.

Efficacité énergétique – le géant endormi de la transition énergétique

«L’efficacité énergétique ne fait pas tout, mais sans elle, rien ne se fera.»

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Patrick Hofstetter, WWF Schweiz

Juin 2022 «The first fuel», la première de toutes les sources d'énergie. C'est ainsi que l'appelle l'Agence internationale de l'énergie. Le géant endormi de la transition énergétique, disent d'autres. Une chose est sûre: le kilowattheure le plus propre est celui que nous n'avons pas besoin de produire.

Comment la politique peut mettre fin au gaspillage d'énergie:

  1. Elle fait de l'efficacité énergétique un domaine d'activité à gérer au moyen d'obligations d'économie.
  2. Elle fait de l'optimisation de l'exploitation des installations techniques un standard.
  3. Elle lance une offensive pour la rénovation des bâtiments.
  4. Elle remplace les utilisations inefficaces des énergies fossiles par des applicationsélectriques.
  5. Elle considère également le «moins» comme efficace et encourage l'économie circulaire: Rethink, Reduce, Reuse, Repair, Recycle.

L’efficacité énergétique en vaut la peine

D'une part, parce que la décarbonisation du trafic routier, du chauffage des locaux et de l'eau chaude entraînera probablement une augmentation de la consommation d'électricité. D'autre part, parce que nous réduisons la surexploitation actuelle des écosystèmes si nous avons moins besoin de centrales hydroélectriques, d'éoliennes et de chauffages au bois pour satisfaire notre soif d'énergie.

Techniquement faisable

Les potentiels d'efficacité dans les différents secteurs sont énormes. La technique à elle seule permet généralement de réaliser des gains d'efficacité de deux à trois pour cent par an. Ainsi, un bâtiment résidentiel neuf consomme aujourd'hui environ deux fois moins d'énergie de chauffage qu'il y a 20 ans, soit un progrès de 2,5 pour cent par an. Le potentiel d'efficacité accumulé et inexploité représente même, selon l'application, 30 à 70 pour cent de la consommation d'énergie. Pour l'électricité, le potentiel d'économie théorique correspond à l'ensemble du parc de centrales nucléaires de la Suisse.

Pourquoi l'efficacité ne va pas (encore) de soi

Outre les panneaux solaires sur le toit des maisons et les prestigieuses installations pilotes Power-to-X, l’isolation des bâtiments et les pompes de circulation à haut rendement ne font pas le poids en matière d’attractivité. L'efficacité énergétique est généralement invisible et donc peu sexy pour la politique. En outre, l'énergie et l'électricité sont (ou étaient jusqu'à présent) tout simplement trop bon marché. Lorsqu'ils deviennent plus chers, les coûts sont généralement reportés sur les utilisatrices et utilisateurs qui n'ont aucune influence sur les grands gaspillages d'énergie. Par exemple sur les locataires, qui ne décident pas de la qualité de l'enveloppe du bâtiment. Enfin, les économies d'énergie nous incitent souvent à consommer davantage ailleurs: l'argent économisé sur le chauffage est par exemple investi dans un voyage lointain en avion. Cet «effet de rebond» engloutit une partie des progrès d'efficacité techniquement possibles. Il est donc important de réaliser de grands gains d'efficacité afin de réduire la consommation d'énergie de manière significative.

1. Elle fait de l'efficacité énergétique un domaine d'activité à gérer au moyen d'obligations d'économie

Cet instrument a été introduit dans certains États américains il y a environ 40 ans. Aujourd'hui, il est utilisé avec succès dans de nombreux pays, dont l'Autriche, l'Italie et la France. En Suisse, il est utilisé par certains fournisseurs d'énergie municipaux, par exemple à Genève ou à Zurich.

2. Elle fait de l'optimisation de l'exploitation des installations techniques un standard

Une mesure rapidement efficace et rentable. Le moyen le plus rapide d'économiser de l'énergie est de réduire le gaspillage dans les installations existantes. Par exemple, des pompes à chaleur mal montées ou des sondes de mesure qui ne fonctionnent pas. Certes, le MoPEC contient des prescriptions sur l'optimisation de l'exploitation. Mais certains cantons ne les ont pas encore introduites, d’autres que timidement.

3. Elle lance une offensive en matière de rénovation des bâtiments

C'est dans le domaine du chauffage des locaux que le potentiel d'économie d'énergie est le plus important. Mais les bâtiments existants en Suisse sont rénovés si lentement qu'ils n'atteindraient un standard énergétique acceptable que dans une centaine d'années. C'est pourquoi une offensive de rénovation est nécessaire. Les cantons doivent adapter leurs lois sur l'énergie de manière à ce que les enveloppes des bâtiments répondent aux normes minimales d'isolation thermique lors de tous travaux de rénovation. En outre, il faut - comme prévu dans l'UE - des normes d'efficacité minimales auxquelles tous les bâtiments devront satisfaire dans 10 à 15 ans. Des subventions plus élevées du Programme Bâtiments et des offres de financement complètes doivent aider à la mise en œuvre.

4. Elle remplace les sources d'énergie fossiles inefficaces par des applications électriques

Là aussi, il est possible d'économiser beaucoup d'énergie. Le moteur d'une voiture électrique présente par exemple un rendement de 70 à 80%, celui d'une voiture à essence est de 20 à 25%. Le moyen le plus efficace de lutter contre l'augmentation de la consommation d'électricité qui en résulte est d'imposer le remplacement des chauffages électriques à résistance, qui sont les plus gourmands en électricité. En outre, il faut régulièrement renforcer les normes d'efficacité. Les appareils qui consomment inutilement de l'électricité ne devraient plus être vendus.

5. Elle considère le «moins» comme efficace et encourage l'économie circulaire

Rethink, Reduce, Reuse, Repair, Recycle. En Suisse, il est urgent d'adopter une approche des biens de consommation et d'investissement qui tienne compte des limites planétaires. De quels objets avons-nous besoin pour vivre et de quels objets avons-nous besoin pour être heureux et satisfaits? Comment concevoir les produits et les marchés pour que la réutilisation devienne la norme? Si nous répondons à ces questions, nous pourrons également lutter contre l'effet de rebond. Les travaux en cours au Parlement sur l'économie circulaire constituent une base importante - l'UE est également en train de réviser ses directives et les prix actuellement à nouveau élevés des matières premières aident à ce que des modèles commerciaux innovants se mettent en place. Si, en plus des normes d'efficacité, des limites maximales efficaces en matière de CO2 sont introduites pour la production et l'importation de matériaux (de construction) et de nouveaux produits, alors la transformation peut être accélérée simultanément pour les cinq «R».

L'efficacité fait ne pas tout

Si ces mesures politiques sont mises en œuvre, nous parviendrons à réduire d'au moins un tiers les besoins énergétiques actuels. Ce dont nous aurons toujours besoin, ce sont des sources d'énergie respectueuses du climat et de la nature pour les deux tiers restants. À cet égard, il convient de miser sur le développement rapide du photovoltaïque. Car l’efficacité énergétique ne fait pas tout, mais sans elle, rien ne se fera.

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Elektrisches Auto bei der Ladung
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Holzpellet-Ofen im Wohnzimmer

Sans la politique, l’essor du solaire n’aura pas lieu

«En développant rapidement la production photovoltaïque, la Suisse peut s’assurer un approvisionnement énergétique sûr et compatible avec le climat. La mesure est aussi urgente que nécessaire.»

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Patrick Hofstetter, WWF Schweiz

Février 2022 Le 3 février, le Conseil fédéral a présenté sa stratégie pour le développement rapide de l’énergie solaire : obligation d’annonce plutôt que permis de construire pour les installations solaires sur les façades et incitations fiscales pour les installations photovoltaïques sur les nouvelles constructions.

L’approche suivie mérite d’être saluée. En Suisse, l’énergie solaire est en effet la solution de choix pour développer l’approvisionnement énergétique de manière soutenable pour l’environnement. Mais allons-nous progresser au rythme nécessaire? Quels sont les objectifs de développement à définir pour mener à bien le tournant énergétique d’ici 2035? Et quelles sont les mesures qui permettront d’avancer? Une chose est sûre: le monde politique a toutes les clés en main pour faire de ce premier pas un véritable sprint solaire.

Pour la Suisse, une évidence…

L’important potentiel de l’électricité solaire est quasiment inexploité en Suisse. En 2019, l’Office fédéral de l’énergie a calculé que le potentiel en matière de production d’électricité solaire sur les seuls bâtiments en Suisse se montait à 67 térawattheures (TWh) par année (50 TWh sur les toits et 17 TWh sur les façades). Si nous l’exploitions pleinement, cela représenterait 110 % de notre consommation d’électricité annuelle. Des infrastructures existantes comme les parois de protection contre le bruit et les places de stationnement, qui pourraient aussi servir à produire de l’électricité solaire, viendraient s’y ajouter. Les installations photovoltaïques sur les espaces verts jouent en revanche un rôle secondaire, bien que rien ne s’oppose à des projets pilotes.

Le solaire aide à combler les lacunes de la production d’électricité en hiver. Dans ce contexte, il est important de placer les installations solaires au bon endroit. Alors que sur un toit, à Berne, elles produisent surtout de l’électricité au printemps et en été, elles produisent déjà 45% de l’électricité en hiver sur une façade au même endroit. Si les modules posés en façade se trouvent sur le Jungfraujoch, la part de production hivernale est même de 50%. Si le développement devait entraîner des excédents de production en été, les solutions de stockage (centrales à pompage-turbinage, batteries des voitures électriques et accumulateurs solaires locaux) pourraient permettre de conserver l’électricité pendant quelques heures ou quelques jours. Une gestion intelligente de la demande peut aussi s’avérer judicieuse. Les excédents pourraient également servir à produire de l’hydrogène et d’autres agents énergétiques synthétiques, particulièrement intéressants pour l’industrie et l’aviation.

A cela s’ajoute le fait que le courant solaire présente un bon écobilan et qu’il permet de préserver la biodiversité. Outre le fait que les installations photovoltaïques fournissent du courant bon marché, ce secteur d’activité crée en outre de la valeur (jusqu’à 15 000 emplois d'ici 2030).

...autant qu’une nécessité

En développant rapidement la production photovoltaïque, la Suisse peut s’assurer un approvisionnement énergétique sûr et compatible avec le climat. La mesure est aussi urgente que nécessaire. Pour préserver notre planète, la Suisse doit contribuer à l’effort commun et prendre des mesures efficaces pour protéger le climat. L’approvisionnement énergétique peut et doit parvenir à un bilan nul d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035, tout en devenant plus respectueux de l’environnement et en restant sûr.

Comment y arriver? Jusqu’en 2035, l’énergie solaire doit couvrir au moins 30 TWh des besoins annuels de la Suisse en électricité, soit environ 40% des besoins estimés de la Suisse en électricité pour l’année 2035 (74 TWh). A titre de comparaison, la part de production solaire est d’à peine 5% (2,6 TWh par année). D’ici 2035, la production de courant solaire doit augmenter de 2 TWh par an. Le défi est de taille (en 2021, le développement était de 0,6 TWh), mais réalisable si nous faisons plus d’efforts (en 2019, l’augmentation était de seulement 0,3 TWh).

Quelles sont les difficultés?

Il est évident que nous avons besoin de plus d’énergie solaire. Quels sont donc les obstacles actuels? Bien que les installations photovoltaïques produisent de l’électricité à des coûts plus bas que la plupart des autres nouvelles centrales, leur exploitation n’est souvent pas rentable.

1. Actuellement, le marché de l’électricité seul n’incite pas à construire des installations solaires ou autres. En effet, les installations photovoltaïques ont tendance à toutes livrer de l’électricité au même moment, de sorte que les gains réalisables sur le marché sont faibles. Sans instruments de financement de l’Etat ni rétribution de reprise, elles ne pourraient pas s’autofinancer sur le marché actuel de l’électricité.

2. Les subventions publiques ne suffisent pas pour atteindre les objectifs de développement: même le Conseil fédéral le reconnaît.

3. Les architectes et les propriétaires de bâtiments ont d’autres soucis et intérêts que de produire aussi de l’électricité solaire. En effet, même avec les nouveaux instruments de financement annoncés par le Conseil fédéral, les rendements restent modestes.

4. A cela s’ajoute la pénurie de spécialistes dans la branche du bâtiment et de l’énergie solaire. Des solutions doivent désormais être trouvées.

Dans ce contexte, le développement ne peut pas être laissé aux seuls bons soins du marché. C’est désormais à la politique de prendre ses responsabilités: Avec la révision de la loi sur l’énergie et de la loi sur l’approvisionnement en électricité, le Parlement a toutes les cartes en main pour permettre à l’énergie solaire de progresser dans une large mesure.

1. Prescriptions obligeant les propriétaires de bâtiments à aménager des surfaces produisant du solaire sur les toits et les façades

il devrait être obligatoire d’aménager des surfaces convenant à la production d’énergie solaire sur les toits de tous les bâtiments existants d’ici 2035, dans la mesure où cela est techniquement, économiquement et esthétiquement défendable.

2. Garantir un financement qui couvre les coûts

La rétribution de reprise de l’exploitant du réseau et les programmes d’encouragement publics complémentaires doivent assurer le refinancement d’une installation solaire pendant sa durée de vie (y c. une rémunération appropriée du capital engagé).

3. Autoriser exclusivement des éléments de construction exploitant activement le rayonnement solaire

En guise d’alternative à l’obligation de production d’énergie solaire pour les maîtres d’ouvrage et les propriétaires de bâtiment, la production de courant solaire peut être encouragée par l’homologation d’éléments de construction. A l’avenir, seuls seront autorisés les éléments (pour les toits, les façades, les parapets/balustrades, etc.) qui produisent de l’électricité et/ou de la chaleur grâce aux rayons du soleil. Cet instrument a l’avantage de s’accompagner d’un effet secondaire: en marge du marché des modules solaires se créent une offre et une demande d’éléments de construction préfabriqués, produits industriellement, qui peuvent être utilisés à des coûts particulièrement bas tout en étant esthétiques.

Ces dernières années, la Suisse a dépensé des sommes considérables pour développer la production d’électricité hydraulique. Les centrales nucléaires n’auraient pas non plus vu le jour sans l’aide de l’Etat. Désormais, il s’agit de définir un cadre afin d’engager les moyens nécessaires à l’exploitation du rayonnement solaire. Ce développement est évident, nécessaire et réaliste.

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Gebäudesanierung und Installation Solaranlage. Fachkurs: Solar.
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Mehrfamilienhaus saniert und mit Solaranlage in Staufen. Wurde ausgezeichnet mit dem Schweizer Solarpreis 2008.

La protection de la biodiversité et la sécurité de l’approvisionnement électrique vont de pair

«Des solutions viables sont possibles dans le cadre d'un dialogue constructif entre les parties prenantes, sans pour autant sacrifier ces derniers joyaux naturels.»

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Julia Brändle, WWF Schweiz

Janvier 2022 On prétend souvent que l’échec de nouvelles centrales hydroélectriques est un frein au tournant énergétique. Cette affirmation éclipse complètement deux faits importants: d’une part, à quel point le potentiel de développement de l’énergie hydraulique est réduit, et d’autre part, les nombreux exemples de négociations où protecteurs de l’environnement et exploitants de centrales sont parvenus à s’entendre.

Ce processus de négociation a pour la première fois été porté à l’échelle nationale avec la table ronde consacrée à l’énergie hydraulique. Les conférences cantonales, les fournisseurs d’énergie et les organisations de protection de l’environnement ont recommandé l’examen approfondi de 15 projets sur la base de critères relatifs à l’économie énergétique, à la biodiversité et au paysage. Les projets en question permettent d’accroître, de façon ciblée, la production hydroélectrique hivernale jusqu’à 2 TWh et de renforcer ainsi la sécurité de l’approvisionnement durant les mois d’hiver.

Ce compromis a été trouvé sans affaiblir les dispositions visant à protéger la biodiversité, en particulier sans faire de concessions en matière de protection légale des biotopes d’importance nationale ou de débits résiduels adéquats. Bien au contraire: la mise en œuvre systématique et le respect de ces dispositions de protection constituaient l’un des éléments centraux de ce compromis. Si la déclaration d’intention est concrétisée conformément à l’esprit positif des négociations, la nature pourra même en profiter.

Développement ciblé en tenant compte de la protection et de l’utilité

Le développement se concentre sur les performances nécessaires pour le tournant énergétique, l’énergie fournie par les lacs d’accumulation, ainsi qu’en premier lieu sur les emplacements déjà touchés: le relèvement des lacs d’accumulation existants doit avoir la priorité sur les interventions effectuées dans des espaces naturels précieux et encore intacts. Le soutien doit être accordé aux installations qui minimisent l’impact sur la nature et le paysage de l’énergie qui peut être produite par accumulation et de façon contrôlée en hiver.

Les parties prenantes recommandent par conséquent d’intégrer le développement prévu de la production des centrales hydrauliques à accumulation dans les mesures complètes de protection de la nature et du paysage:

  • Les planifications énergétiques générales des cantons devraient entre autres accorder autant de poids à la protection et à l’utilité, à la protection de la biodiversité et à l’approvisionnement en électricité. Une telle approche facilite la recherche de solutions satisfaisantes au niveau du projet.
  • Les dommages provoqués malgré tout par le développement des infrastructures doivent être atténués par des mesures de compensation profitant à la nature et au paysage.

1. Financer suffisamment la réhabilitation de l'hydroélectricité

Tous les participants à la table ronde sont d’avis que les moyens financiers pour l’assainissement écologique des centrales hydrauliques existantes doivent être augmentés dans les meilleurs délais. L’assainissement est essentiel pour la sécurité de l’approvisionnement et la biodiversité, car:

  • Il permet de maintenir la production au-delà des concessions en cours. Seules les installations assainies remplissent l’objectif d’un approvisionnement énergétique écocompatible et respectent les prescriptions minimales des lois nationales et des normes environnementales internationales, et restent ainsi concurrentielles sur le long terme.
  • Ce n’est qu’ainsi que les animaux et les plantes pourront survivre dans et aux abords des cours d’eau: dans ces milieux naturels en effet, la biodiversité est particulièrement menacée. Moins de 5% des cours d’eau suisses sont considérés comme intacts. Deux tiers des espèces de poissons indigènes sont en danger d’extinction ou déjà éteintes. L’énergie hydraulique n’est pas étrangère à cette situation. La migration des poissons doit être restaurée sur plus d’un millier d’installations. Aussi, les variations de débit quotidiennes au rythme de la production d’électricité (éclusées) doivent être réduites dans une mesure supportable.

2. Protéger systématiquement le cœur de la biodiversité en Suisse

Les participants à la table ronde recommandent de mettre systématiquement en œuvre et de respecter les dispositions de protection actuelles, en particulier celles qui concernent le débit résiduel et la préservation des biotopes d’importance nationale. Le mandat est clair: il s’agit de protéger le cœur de la biodiversité en Suisse, car il bat encore.

Préserver des régions comme le Val Roseg, Zinal, le val Maderan, la Greina ou les gorges du Rhin pour les générations futures a du sens:

  • Elles sont les derniers hauts lieux de la biodiversité en Suisse: bien qu’elles n’occupent que 2,2% de la superficie du pays, elles constituent des refuges importants pour plus de 1060 espèces menacées.
  • Les préserver, les revaloriser et les relier entre elles est l’une des clés de la lutte contre l’érosion croissante de la biodiversité, essentiellement provoquée par la disparition des habitats naturels. Dans le cas des biotopes, il est urgent d’agir sans attendre: depuis 1850, la Suisse a déjà perdu 90% de ses zones alluviales.
  • Ces régions nous offrent des espaces exceptionnels pour apprécier la nature et nous reposer d’un quotidien stressant. Elles contribuent à l’identité régionale et sont un atout touristique de taille.

La table ronde consacrée à l’énergie hydraulique montre de manière exemplaire qu’un dialogue constructif entre les groupes d’intérêt rend possible la recherche de solutions supportables pour tous, sans qu’il soit nécessaire de sacrifier ces derniers trésors naturels. La sécurité de l’approvisionnement, la protection du climat et celle de la nature ne sont pas incompatibles. La politique a le devoir de développer des solutions sur mesure, qui permettent de réaliser ces trois objectifs. Le WWF s’y engage aussi.

3. L'efficacité et l'énergie solaire sont les principaux piliers de la transition énergétique

Cette solution commune pour le développement de l’énergie hydraulique n’est qu’une étape sur la voie d’un approvisionnement électrique sûr, renouvelable et écologique. Dans ce domaine en effet, le potentiel est en majeure partie épuisé. Pour réussir le tournant énergétique, il est donc essentiel de réduire le gaspillage énergétique et de développer rapidement la production photovoltaïque. 

D’après les Perspectives énergétiques 2050+ de la Confédération, les économies d’énergie représentent environ 50% de la solution. S’agissant de développer la production photovoltaïque, le potentiel des toits et des façades est à lui seul de 67 TWh. Une étude de Greenpeace publiée aujourd’hui montre aussi que c’est ici que résident les plus grands potentiels inexploités.

Dans les prochaines éditions, nous examinerons de plus près le potentiel de l’efficacité énergétique et de l’énergie solaire, ainsi que leur rôle clé dans le tournant énergétique.

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Aue im Val Roseg
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Wasserkraftwerk in der Schweiz

La Suisse risque-t-elle une pénurie d'électricité ?

«La Suisse gaspille encore beaucoup trop d'électricité. C'est pourquoi elle a besoin d'instruments efficaces pour l'efficacité énergétique, comme d'autres pays le font depuis longtemps.»

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Patrick Hofstetter, WWF Schweiz

Décembre 2021 Chaque année, à l’approche de l’hiver, les représentants d’intérêts brandissent la menaced’une panne totale de courant. Ce scénario a été inventé il y a plus de 40 ans pour convaincre l’opinion de lanécessité de construire de nouvelles centrales nucléaires. Mais qu’en est-il aujourd’hui? Une chose est sûre:l’approvisionnement en électricité sera semé d’importants défis ces prochaines années. Premièrement parce ceque la consommation aura tendance à augmenter en raison de nouvelles applications comme les pompes àchaleur ou la mobilité électrique. Deuxièmement parce que les anciennes centrales nucléaires vont êtredémantelées, et pas seulement en Suisse. Troisièmement, parce que la production d’électricité à based’énergies renouvelables est plus difficile à planifier, étant donné qu’elle dépend en partie de la météo.Une pénurie d’électricité est-elle donc inéluctable dans un avenir proche? Ou plutôt: que pouvons-nous fairepour contribuer à améliorer l’efficacité énergétique et la production d’électricité renouvelable de sorte à assurerla stabilité du réseau et donc la sécurité de l’approvisionnement?

Où en sommes-nous aujourd’hui?

1. La Suisse a les conditions idéales pour assurer le tournant énergétiqueDans la course à l’approvisionnement à 100% en énergies renouvelables, la Suisse est en Europe l’un des paysles mieux positionnés. En effet, elle est en Europe le pays le mieux relié au réseau électrique international. Encomparaison mondiale, notre pays dispose en outre d’une part très élevée de force hydraulique, que descentrales à accumulation peuvent réguler en absorbant les pics de production.

2. Pourquoi une pénurie d’électricité en Suisse aurait-elle des conséquences à l’étranger?Depuis l’échec de l’accord-cadre avec l’UE, certains craignent que l’Europe coupe l’approvisionnement enélectricité de la Suisse dès que la situation deviendra difficile.Mais même si notre pays dépend de ses voisins européens, ceux-ci dépendent aussi de nous. En cas de pénurieen Suisse, les lumières s’éteindront certainement aussi dans les régions limitrophes, et notamment enBourgogne, en Italie du Nord ou dans le Baden-Württemberg. Les Etats voisins souhaitent certainement éviter d’en arriver là. L’UE n’est donc pas prête de débrancher la Suisse du réseau électrique européen, puisqu’unetelle mesure risquerait de plonger aussi ses Etats membres dans le noir.

3. L’Europe a tout à gagner à exporter du courant hivernal en SuisseL’Allemagne produit déjà plus d’électricité écologique en hiver qu’en été! Quand le vent souffle à décorner lesbœufs, nos voisins du Nord sont heureux de pouvoir exporter leurs excédents en Suisse, où le pouvoir d’achatest élevé. Nos voisins européens profitent du fait que les nombreuses centrales à accumulation (et de pompage-turbinage) sont en mesure d’absorber les fluctuations de l’offre et de la demande en électricité au-delà desfrontières du pays.Cela ne nous autorise pas, pour autant, à nous reposer sur la seule UE. En effet, la réalisation des autoroutes del’électricité planifiées pour transporter les importantes quantités d’électricité éolienne depuis la mer du Nordjusqu’au sud de l’Allemagne, et au-delà, ne progresse que lentement. Et naturellement, la Suisse devrait pouvoirassurer entièrement son propre approvisionnement pendant les périodes difficiles (absence de vent en Europesur de longues périodes et, pour le moins, pas de soleil la nuit)

Comment assurer un approvisionnement en électricité écologique et sûr?

La Suisse doit prendre ses responsabilités et garantir la sécurité de l’approvisionnement dans le respect de laprotection du climat et de la nature.

1. Rendre les applications plus efficaces

La Suisse gaspille encore beaucoup trop d’électricité. Desinstruments sont donc nécessaires pour améliorer l’efficacité énergétique. Car chaque kilowattheureque nous n’utilisons pas (surtout en hiver) diminue le risque d’une pénurie et les importationsindispensables.

2. Accroître sensiblement la quantité d’électricité produite en Suisse et garantir la production

a. Le développement des installations photovoltaïques doit en particulier être massivementaccéléré. Nécessaire, la multiplication par quatre de la vitesse de développement ne peut enaucun cas être atteinte à l’aide de mini-réformes, à l’image de l’initiative parlementaire Girod etde l’acte modificateur unique du Conseil fédéral.

b.La force hydraulique existante doit être préservée et adaptée aux exigences du 21e siècle. Leblocage des assainissements doit être levé et le respect des prescriptions légales en matière deprotection des eaux doit être garanti. Nous ne pouvons pas nous permettre de conserver descentrales hydrauliques qui ne méritent pas de nouvelle concession en raison de leurincompatibilité avec la loi sur la protection des eaux. Le fonds d’assainissement doit donc sansfaute être augmenté.

3. Mettre les lacs de retenue existants au service de la sécurité de l’approvisionnement

Les quelque 8TWh de force hydraulique stockés doivent être mis au service de la sécurité de l’approvisionnement. 8TWh correspondent à la quantité d’électricité produite par toutes les centrales nucléaires pendant les16 semaines d’hiver (si l’on continue de consommer autant d’électricité qu’aujourd’hui, alors, 8TWhsuffirait à couvrir plus de la moitié de l’hiver). La réserve de stockage proposée par le Conseil fédéral estun premier pas dans cette direction et pourrait être développée en fonction des besoins.

4. Swissgrid doit mieux accéder à l'infrastructure des centrales électriques existantes

Si le réseau ne peut pas être exploité de manière stable malgré d’immenses réserves de performanceet les lacs d’accumulation, Swissgrid doit pouvoir mieux utiliser l’infrastructure des centralesexistantes.De plus, il convient d’adapter l’architecture du réseau plus rapidement à la productiond’énergie décentralisée actuelle.

5. Poursuivre la coopération avec les pays voisins

Nous devons enfin nous assurer, avec nos voisins, quel’électricité continue d’être acheminée en Suisse durant les semaines où le vent souffle en abondanceen Europe, dans l’intérêt de toutes les parties impliquées.

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Solardach auf einem Schweizer Bauernhaus
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Solardach auf einem Bürogebäude in Neuhausen

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